retour de New-york

Ecrit le 11 Novembre 2013 par Christian MEZIERE

Marathon de New-York

 

Tous vos encouragements m'ont enfin décidé à écrire un bilan sur ma course lors du marathon de New-York, le 3 novembre dernier.

 

Les procédures d'inscriptions sont assez compliquées et plutôt coûteuses ; alors, Caroline, ma cousine habitant là-bas, m'avait inscrit à la tombola payante (mais plutôt bon marché au vu des frais des agences françaises) où seulement 4000 coureurs ont finalement été tirés au sort.

 

Une tendinite à l’adducteur droit m'ayant handicapé pendant toute la préparation, je ne partais pas vraiment confiant sur la ligne de départ. La semaine précédente, j'avais seulement réussi à faire 40km d’entraînement au total, avec comme plus longue distance 15km … ! Heureusement la situation allait en s'arrangeant au fur et à mesure que le marathon approchait.

 

Partis de Laval à 6h, le mardi 29 octobre au matin, nous sommes arrivés à New-York à 19h, heure locale (soit 2h du matin en France). Il a donc fallu récupérer la fatigue due au décalage horaire. L'entraînement new-yorkais a été plus que léger puisqu'il se constituait seulement des marches faites en visitant la ville et de 5km faits sur tapis le jeudi. Le vendredi soir, nous avons assisté à la cérémonie d'ouverture du marathon. Les délégations des différents pays défilaient, en tenue de parade, sur les 200 derniers mètres du parcours. Ma cousine Caroline avait été tirée au sort pour défiler aux cotés de la délégation française. C'était vraiment très impressionnant et émouvant de voir cette cinquantaine de délégations affluer lentement vers la ligne d'arrivée. La délégation américaine faisait notamment défiler ses vétérans qui avaient couru plus de 30 marathons (j'ai même cru en apercevoir un qui en avait 37 à son compteur). Pour finir, un feu d'artifice clôturait la parade : génial !

 

Le départ étant sur une presqu'île, il nous a fallu prendre un ferry à 6h15, le pont se fermant à 8h. 55000 coureurs ont donc transité du nord au sud de New-York. Il y avait 4 vagues de départ  et chaque vague avait 3 couleurs et chaque couleur avait une route pour elle. Ayant un dossard orange, je me suis élancé après les pros à 9h40 et Caroline, qui avait un dossard vert, est partie dans la vague suivante à 10h10.  Il ne faisait pas chaud, et l'attente du départ fut longue.

 

Le départ donné, je me suis efforcé de ne pas partir trop vite pour éviter toute inflammation de l'adducteur. Cela a plutôt bien commencé d'autant plus que les « Oranges » sont partis moins vites que les « Bleus » qui étaient sur l'autre voie. Je me suis alors fixé comme objectif de continuer le plus loin possible avec cette allure ( 7mm15 par mile).



L'accès à la presqu'île du départ étant réservé aux coureurs, aucun spectateur n'est là, mais, une fois le pont franchi, une foule venue en masse résonne dans les rues. Maintenant, toutes les couleurs courent ensemble. Je courre tranquillement tout au long du semi. Je tiens toujours pour l'instant mais le circuit a pas mal de faux plats et nous avons traversés 5 ponts un peu pentus et qu'il faut monter à chaque fois. Je m'efforce de les gérer au mieux pour ne pas trop tirer sur ma blessure. A ma grande surprise, j'arrive aux 18 miles correctement. Mais, les jambes deviennent lourdes après le passage d'un pont. Alors que l'on débouche sur la première avenue, un autre coureur me tape sur l'épaule et me montre son maillot. Je ne comprends rien du tout, il est étranger aussi. Il insiste. Je recule pour voir son dos, c'est écrit « Apiculture ». Je vois enfin son abeille sur le devant de son maillot. Je lève mon pouce pour lui faire comprendre que j'ai vu ce qu'il voulait me montrer. J'imagine qu'il avait vu notre taureau sur mon maillot pour être venu me parler. Nous débouchons enfin sur la première avenue qui est noire de monde, ce qui m'a beaucoup fait penser au tour de France. On nous encourage parfois par des cris comme « Allez les français ! » : c'est vraiment génial ! Les jambes trouvent ça un peu moins génial. J'essaie d'aller le plus loin possible car je ne peux pas m'arrêter devant autant de monde. On arrive aux 20 miles, je sais désormais que je vais finir la course ... mais en galérant. Il faut se résigner. J'ai donc couru les 6 derniers miles en 8mm en marchant 3 ou 4 fois. Parvenu au 25è mile, j'en suis désormais certain : je vais finir. Il ne reste plus qu'un mile. Mais si 1 km est long, je vous laisse imaginer ce que peut être un mile en faux plat. Je vois la ligne. Je lève les bras. 3H26 : c'est pas si mal, je suis content. On me donne une médaille. Les jambes sont lourdes et je dois continuer à marcher sur 1 mile afin de sortir et pour des raisons de sécurité. J'aperçois Martine et Arnoud (le copain de Caroline) : c'est bon, c'est fini. Je me repose en attendant Caroline qui termine le marathon en 4H16. Même si elle pensait faire un peu moins, elle finit tout de même dans la première moitié du classement. Elle est également épuisée ; il est décidément difficile ce circuit !

 

Merci à Caroline pour ce beau marathon, merci à vous pour vos encouragements et à bientôt sur les courses !


2 commentaire(s)

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Jolie commentaire,

Courage, Force, Honneur et surtout Mental pour une course de cette dimension avec blessure ou fatigue....Je dit un grand bravo Christian.

Je me tenterais sur un marathon à Rome en mars 2015 cool

Le Sud le 12 Novembre 2013 à 10h34

Merci Christian pour ce beau commentaire , cool rien que de le lire , donne des frissons , tu m'étonne qu'avec tout ses spectateurs et encouragements , on ne peut pas abandonné .
C'es une belle aventure a vivre au moins une fois dans sa vie .
Avec tout ce monde , tu as due te dire mais es ce que je vais retrouvé Martine . mdr
bonne récup , car les jeunes t'attende pour les emmenés encore plus haut .

Gilbert le 11 Novembre 2013 à 19h43


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